
Tandis que je commençais mon expérience montréalaise, une de mes amie, fée de l'heure bleue de son état me mit en rapport avec sa soeur, dont "le moral n'était pas au beau fixe". Une excellente idée puisque Béa et moi avons développé une incroyable complicité. On se raconte nos vie ; celle de Béa, depuis quelques temps a pris des tournants pour le moins surprenants. Au point qu'on évoque en blagant l'éventualité d'en faire une bande dessinée.
Cet été, la blague est devenue sérieuse. Me voilà au fin fond des landes de Gascogne à 20 Km de Bazas, sur une grande propriété où vaque Béa, ses enfants, ses voisins, ses chats, sa jument sa ponette, son ânesse, ses chèvres et ses cochons gascons, à écrire et dessiner les bouleversements que Béa et les siens ont connu depuis un accident de voiture. Béa raconte, je dessine. Le projet avance, avec la vente comme objectif et une thérapie collective comme conséquence.
Thérapie dont je profite aussi : je ne suis certes plus à Montréal, mais je ne suis pas à Bordeaux non plus. Je suis dans cette forêt où j'ai pas mal grandi et qui m'a servi d'inspiration pour la plupart de mes histoires, les nouvelles de Myosotys en tête.
Un retour à la source, donc. Et un projet sur lequel je ne suis pas seul. Cela change aussi beaucoup la donne.